MONASTÈRE SAINTE-CLAIRE

Les Clarisses à Ronchamp

 
 
 
 
 
 
 

Méditations saisonnières

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Méditer la nuit de Noël

 

Ô nuit, ma plus belle invention 

Ô nuit, ma plus belle invention, ma création respectable entre toutes.

Ma plus belle créature. Créature de la plus grande Espérance.

Qui donnes le plus de matière à l’Espérance…

C’est toi qui berces toute la Création

Dans un Sommeil réparateur.

Comme on couche un enfant dans son petit lit,

Comme sa mère le couche et comme sa mère le borde 

Et l’embrasse.

 

Ô douce, ô grande, ô sainte, ô belle nuit,

Nuit à la grande robe, à la robe étoilée,

Tu me rappelles ce grand silence qu’il y avait dans le monde

Avant le commencement du règne de l’homme.

Tu m’annonces ce grand silence qu’il y aura 

Après la fin du règne de l’homme, quand j’aurai repris  mon sceptre.

 

Mais surtout, nuit, tu me rappelles cette nuit 

Cette incroyable descente de mon Fils parmi les hommes.

Chez les hommes…

d’après Charles Péguy 

in « Le porche du mystère de la deuxième vertu »

 

Cette nuit de la Nativité, le Fils de Dieu vient partager 

notre fragile humanité.

Notre prière est pleine d’espérance: 

 

Ils sont honduriens et ils marchent ;

Ils sont mexicains et ils fuient.

Face à un mur sécuritaire,

ils osent chercher l’improbable trouée vers les Etats-Unis.

Ils n’ont plus rien à perdre hormis l’espoir d’une vie meilleure.

Ils sont kurdes, irakiens, afghans, syriens ou somaliens.

Réfugiés dans les bois à Calais,

ils attendent un départ pour l’Angleterre,

ils espèrent une vie libre au grand jour.  

 

Sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. 

Le peuple qui marchait dans les ténèbres 

a vu se lever une grande lumière ! (Is 9,1)

 

Ils portent des gilets jaunes, elles voudraient des gilets verts,

tous et toutes prennent la parole pour participer    

à une société plus juste 

sur une terre encore habitable  pour leurs enfants. 

Ils sont chrétiens, laïcs et clercs, 

ils cheminent ensemble pour construire sur l’Evangile 

une Eglise de disciples missionnaires.

 

La paix sera sans fin établie sur le droit et la justice. (Is 9, 6)

 

Nous sommes montés à Notre-Dame du Haut 

pour prier et fêter une vie qui prend sens 

quand dans nos cœurs naît le Christ sauveur .

 

Oui, un enfant nous est né, un Fils nous a été donné. (Is 9, 5)

 

 


 

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   Eucharistie du 1er novembre 2018 à Notre-Dame du Haut

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Méditation pour la fête de la Toussaint

 

 

Recevons du Seigneur l’appel à la sainteté dans le monde actuel : 

 

Donne-nous Seigneur

la grâce de nous appuyer 

toujours sur ton amour,

pour supporter les contradictions

et demeurer humbles, patients et doux

avec tous nos frères et sœurs. 

 

Donne-nous Seigneur ta joie, pour accueillir le bonheur

et nous réjouir de celui des autres,

pour devenir positifs, reconnaissants et pas trop compliqués.

 

Donne-nous Seigneur l’audace et l’assurance nécessaires

pour affronter l’accoutumance et ouvrir nos cœurs :

que nous soyons émus par ce qui se passe autour de nous,

par la Parole vivante, surprenante et efficace du Ressuscité.

 

Donne à nos communautés de vie 

de devenir les lieux de la présence du Ressuscité qui les sanctifie :

apprends-nous à préserver les petits détails de l’amour

à nous protéger et nous honorer les uns les autres.

d’après l’exhortation apostolique du pape François 

sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel

 

 

 

 

Saint François d’Assise explique à ses frères comment « résider en Dieu »

Ce mode de vie fait de nous des « saints » :

 

Où est charité et sagesse, là ni crainte ni ignorance.

Où est patience et humilité, là ni colère ni trouble.

Où est pauvreté avec allégresse, là ni cupidité ni avarice.

Où est quiétude et méditation, là ni souci ni errance.

Où est la crainte du Seigneur pour garder son foyer, 

là l’ennemi ne peut trouver place pour entrer.

Où est miséricorde et discernement,

là ni récrimination ni endurcissement.

1er novembre 2018


 

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Méditer avec sainte Claire 

 

 

Observer l’éclipse de lune, contempler le Fils de Dieu

et apprendre de Claire que 

la beauté du Fils de Dieu est en nous.

 

 

 

 

 

 

 

 

d’une lettre de Claire à Agnès de Prague :

 

Place ton esprit devant le miroir d’éternité, 

place ton âme devant la splendeur de la gloire,   

place ton coeur devant l’effigie de la divine substance, 

et par la contemplation transforme-toi en l’image même de la divinité.

 

Tu  ressentiras toi aussi ce que ressentent les amis 

qui goûtent la douceur cachée que Dieu lui-même a, depuis le début, 

réservée à ceux qui l’aiment. 

Aime totalement celui qui, par amour de toi, s’est donné tout entier, 

lui dont le soleil et la lune admirent la beauté.

Je parle du Fils du Très Haut, que la Vierge a mis au monde.

 

Dès maintenant, il est clair que, par la grâce de Dieu, 

la plus digne des créatures, l’âme de l’homme qui croit, 

est plus grande que le ciel. 

En effet,  les cieux et toutes les autres créatures  ne peuvent contenir le Créateur,  

seule l’âme qui croit est sa demeure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Au-delà du soleil, ancrés dans ta lumière,

nous voici devant Toi, ô Christ, offerts au Père,

intime conversion qui relie Terre et Ciel.

 

Au-delà de la mort, pour toute créature,

avec Toi monte à Dieu l’hymne de l’Univers,

le chant d’adoration qui relie Terre et Ciel. »  Sr Marie-Claire

 

 

 

 

27 juillet 2018


 

 

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   après passage de la grelinette

 

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   trois semaines plus tard (6 mai)

 

 

22 avril 2018 : Journée mondiale de la Terre (UNESCO)

 

« Loué sois-tu, mon Seigneur, par notre sœur mère Terre

qui nous sustente et gouverne,

produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe. » 

du Cantique des créatures de Saint François d’Assise 

 

 

« Jésus disait : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »

de la Bonne Nouvelle selon saint Marc

 

 

 

Le potager du monastère est  un lieu béni pour protéger sœur terre 

et recevoir d’elle les légumes et les fleurs.

Il vient d’être non pas bêché mais retourné à la grelinette.

Cette méthode douce respecte les mille et une bestioles 

qui donnent à notre terre d’être vivante, 

de soutenir la croissance de ce que nous y plantons.

 

 

Béni sois-tu Dieu de l’univers, 

pour tous les jardiniers qui cultivent et gardent notre terre ,

apprends-nous à préserver sa biodiversité pour notre vie et notre joie.

 

 


 

 

 

 

 

 

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  Aube sur la colline le 23 mars 2018

Méditations pour la Semaine Sainte 2018

 

Jeudi Saint

 

Le Seigneur Jésus prit du pain,
puis, ayant rendu grâce,
il le rompit, et dit :
« Ceci est mon corps, qui est pour vous.
Faites cela en mémoire de moi. »

 1Co 11, 23

 

« Ne retenez pour vous rien de vous afin que vous reçoive tout entier

celui qui se donne à vous tout entier. »

François d’Assise

 

Eucharistie vue par Marie

La foule des pauvres pour la communion
comme à Bethléem la file des bergers
apportant des cadeaux à mon petit roi.
Ils viennent aujourd’hui en tendant la main
ou en ouvrant la bouche et c’est lui qui se donne
dans le pain et le vin. Au retour je vois
leurs âmes s’éclairer comme des maisons
le soir sur la colline et la plus petite
devient un palais. Ils goûtent, ils savourent
puis, levant les yeux, découvrent qu’entre eux
les murs sont tombés, qu’ils habitent ensemble.

Jean-Pierre Lemaire, Grains du Rosaire.

 

 

Vendredi Saint

 

Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait,
dit à sa mère :
« Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple :
« Voici ta mère. »
Et à partir de cette heure-là,
le disciple la prit chez lui.

Jn19,  25-27

 

 

 

 

 

Crucifixion  vécue par Marie            

Je suis vidée de lui comme à sa naissance
mais il était trop grand, je n’avais plus l’âge
et quand je laverai le sang, il sera mort.

Il ne criera plus sa peine d’être au monde.
Je suis vidée de lui et je recueille tout
comme une bassine au pied de la croix :

son soupir vers le Père incompréhensible
cet enfant qu’il me donne au moment de partir
un fils à la place de l’irremplaçable.

Même son pardon aux bourreaux, je le prends
confondue avec eux, plus égarée qu’eux
je prends tout ce qui peut humecter mon cœur.

J’attends les yeux fermés les premières gouttes
après les ténèbres de l’orage sec.
Je ramasse les miettes du festin d’amour.

Jean-Pierre Lemaire, Grains du Rosaire.

 

 

Dimanche de Pâques

 

Le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ;
c’était encore les ténèbres.
Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre
et l’autre disciple.

Jn 20, 1-2

 

Dis-nous Marie de Nazareth, qu’as-tu vu en chemin ?

J’ai vu mon Fils en croix, j’ai vu mon Fils en terre

mais je vois,  je crois à  la douce présence de son amour

qui est de toujours à toujours.

 

Dis-nous Marie-Madeleine, qu’as-tu vu en chemin ?

J’ai vu le jardinier, j’ai cherché mon Seigneur,

je l’ai entendu, lui, mon espérance :

il m’a appelée par mon prénom.

 

Dis-nous Claire d’Assise, qu’as-tu vu en chemin ?

J’ai vu l’enfant de la crèche, le pauvre crucifié.

J’ai vu celui dont le souvenir illumine mon cœur.

J’ai vu celui dont l’amour

rend plus heureux et la contemplation plus fort.

 

26 mars 2018


 

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Méditer avec sainte Colette : 

une femme qui marche avec son Dieu

 

« On t’a fait savoir, ô homme, ô femme , ce qui est bien,

ce que le Seigneur réclame de toi : 

rien d’autre que d’accomplir la justice, aimer avec tendresse 

et marcher humblement avec ton Dieu.» 

Mi 6, 8

Qui donc est sainte Colette ?

« Vous l’aimerez, cette mystique de France, pleine de tranquille sagesse,

les deux pieds bien au sol, le front dans la lumière. 

L’Église, dont elle a depuis bien des années, pénétré les transes,

cette Église du début du XV° siècle que l’exil en Avignon, que les attaques de la grande hérésie menacent, et, plus dangereuses encore, qu’atteignent au vif les pires forces de décadence, cette petite fille se met en tête de la redresser, de la remettre dans son droit chemin. Elle n’est qu’une adolescente ou presque ; elle n’est ni de grande race ni de grande fortune. Mais qu’importe ? Elle sait que le Seigneur est avec elle. Elle est décidée à obéir à une secrète voix.

 

Le cas de sainte Colette va, une fois de plus, démontrer que chaque fois qu’il y eût, dans l’Église, nécessité d’une réforme, il se trouva toujours des âmes exceptionnelles pour la réaliser, dans le cadre même de sa sainte obédience, afin de faire brûler de nouveau fort et haut la flamme du Christ que les générations laissaient baisser.

 

Voici Colette lancée par monts et par vaux, parcourant la France et l’Europe d’occident, frappant à des centaines de portes de monastères pour y venir crier, de sa voix douce, le message de fidélité et de renoncement »

de Daniel Rops 

 

Recevons les invitations de Colette à ses sœurs : 

 

Notre but est de garder le saint Évangile

de la manière dont notre Sauveur, Jésus Christ nous l’a donné. 

 

Soyez contentes de ce qui vous manque,

pour parvenir plus légèrement au Royaume auquel vous êtes appelées.

 

Tant que paix, amour et charité seront entre vous,

notre Seigneur ne vous délaissera pas.

 

Louez Dieu sans fin. Louez et aimez le Père, le Fils et le Saint Esprit ;

Servir Dieu et chanter ses louanges est ce que nous avons de plus important à faire ; Qu’il est bon, qu’il est beau d’aimer Dieu et de le servir !

des écrits de Colette

 

le 6 mars 2018

 


 

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Cheminer au quotidien

 

Consentir à ce que l’on est

Est un bien long chemin,

Un sentier de montagne.

Vertige et émerveillement

Désillusion et espérance

Accompagnent l’aventurier.

Avec toi, mon Dieu,

J’ai osé entreprendre ce voyage intérieur

La main dans ta main.

N’est-il pas périlleux ?

Avec toi, il peut devenir libération.

 

Alors commence l’école de patience :

La marche est parfois lente et trébuchante.
Vérité sur soi

Où les ombres accueillies

Deviennent espaces de lumière.

 

Voici tout le Mystère de l’Incarnation dans la crèche !…

Peu à peu, les armes et les carapaces se désagrègent

Et l’être profond peut se redresser en vérité et simplicité.

N’est-ce pas la minorité de François et de Claire ?!

Non pas à acquérir, mais à accueillir

Car elle ne vient pas de l’extérieur

Elle est déjà là dans notre être, dans notre histoire.
 

Elle est dans ce petit pas que nous faisons pour recommencer.

Elle est dans cette solitude intérieure, dans cette vulnérabilité.

 

Chemin rude, ô mon Dieu

Mais chemin de libération…et de fraternité

Où l’on découvre que tout homme a une fêlure

…et que c’est par elle que passe la lumière…

 

Heureux les cœurs purs

            car ils verront Dieu

 

                       Sœur Marie-Laetitia

​Janvier 2018

 

 


 

 

 
Dernière modification : 26/12/2018