MONASTÈRE SAINTE-CLAIRE

Les Clarisses à Ronchamp

 
 
 
 
 
 
 

Méditations saisonnières

 

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Méditer avec toute la création

en la fête de la Trinité

pour la journée de l’environnement ce 5 juin 2021

 

du psaume 103 (1-15)

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;  Seigneur mon Dieu, tu es si grand !

Revêtu de magnificence,  tu as pour manteau la lumière !

Comme une tenture, tu déploies les cieux,

tu élèves dans leurs eaux tes demeures ;

des nuées, tu te fais un char, tu t'avances sur les ailes du vent ;

tu prends les vents pour messagers, pour serviteurs, les flammes des éclairs.

 

Tu as donné son assise à la terre : qu'elle reste inébranlable au cours des temps.

Tu l'as vêtue de l'abîme des mers : les eaux couvraient même les montagnes ;

à ta menace, elles prennent la fuite, effrayées par le tonnerre de ta voix.

Elles passent les montagnes, se ruent dans les vallées v

ers le lieu que tu leur as préparé.

 

Tu leur imposes la limite à ne pas franchir :

qu'elles ne reviennent jamais couvrir la terre.

Dans les ravins tu fais jaillir des sources

et l'eau chemine aux creux des montagnes ;

elle abreuve les bêtes des champs : l'âne sauvage y calme sa soif ;

les oiseaux séjournent près d'elle : dans le feuillage on entend leurs cris.

 

De tes demeures tu abreuves les montagnes,

et la terre se rassasie du fruit de tes oeuvres ;

tu fais pousser les prairies pour les troupeaux,

et les champs pour l'homme qui travaille.

De la terre il tire son pain : le vin qui réjouit le coeur de l'homme,

l'huile qui adoucit son visage, et le pain qui fortifie le coeur de l'homme.

 

Devenir tout simplement des frères et des sœurs,

en relation de proximité avec le cosmos, avec l’humanité

et ce qui peut être plus difficile parfois, avec nous-mêmes.

Ce tissu de relations porte la marque de la Trinité.

Nous n’avons qu’un seul Père qui est aux cieux,

Jésus le Christ, son Fils et notre frère est à nos côtés.

et l’Esprit saint est présent au cœur de l’univers

en l’animant et en suscitant de nouveaux chemins. (Laudato si’ n° 240)

 

De l’encyclique Laudato si’ (n° 240)

« Plus la personne humaine grandit, plus elle mûrit

et plus elle se sanctifie à mesure qu’elle entre en relation,

quand elle sort d’elle-même pour vivre en communion avec Dieu,

avec les autres et avec toutes les créatures.

Elle assume ainsi dans sa propre existence ce dynamisme trinitaire

que Dieu a imprimé en elle depuis sa création.

Tout est lié, et cela nous invite à mûrir

une spiritualité de la solidarité globale qui jaillit du mystère de la Trinité. »

sr Maggy, le 5 juin 2021


 

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Aurore pascale

 

 

Dans la nuit de nos incertitudes,

face à une pandémie

qui bouleverse nos quotidiens,

quel jour va se lever ?

Dites-nous, qu’allez vous faire au tombeau ?

Prendre soin de la terre si la pierre est roulée,

car le salut du monde ne cesse d’y germer

depuis qu’un soir le Christ y fut enterré.

 

Au grand matin du premier jour,

levés pour vivre avec intensité,

quelle foi nous habite ?

Que voyons-nous et simultanément croyons-nous ?

Des frémissements de liberté, d’espérance, de résilience

invitent à courir vers demain.

La promesse du Règne de Dieu à l’œuvre

aide à se souvenir de notre futur.

Le Ressuscité nous précède sur le chemin.

 

Dimanche de la Résurrection,

Pâques nous transfigure.

Rayonner de la lumière,

cela arrive aux jonquilles qui irradient dans le sous-bois.

Nos visages s’éclairent pareillement sous le regard

de ceux et celles qui nous aiment.

Quand la lumière nous vient de l’intérieur,

serait –ce une Parole divine

qui nous appelle par notre prénom ?

Et quand l’étranger, l’inconnu devient pour moi

un frère, une soeur en Christ,

l’amour qui nous précède nous a rejoint

et la vie triomphe de la mort.   

 

sr Maggy, le 4 avril 2021

 


 

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Prier avec sainte Colette

 

Bénédiction de sainte Colette :

Le Père de toutes miséricordes,

Le Fils par sa sainte Passion,

Le béni Saint Esprit,

Fontaine de Paix, de Douceur et d’Amour

nous donnent à tous consolation. Amen

 

 

Colette nous invite à puiser aux sources de la foi pour aller toujours de l’avant.

Nous t’en prions, Père,

aide-nous à nous laisser conduire, comme elle, par ton Esprit.

 

Colette avait une grande soif de pauvreté

et elle a su éveiller ce même attrait autour d’elle.

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes découvrent

à quel point la surconsommation nuit à la terre et à nous-mêmes.

Prions pour que, des crises que nos sociétés traversent,

émerge une manière de vivre plus sobre, plus simple, plus joyeuse.

 

Animée par son projet de vie, Colette a eu l’audace

de parcourir les routes dangereuses d’un monde troublé.

Prions pour que de nombreux artisans de paix et de fraternité

osent semer des germes d’espérance.

 

Colette, femme humble et de culture modeste,

a cherché sa vocation dans une Église faite d’ombres et de lumières.

Prions pour que l’ouverture qui se fait aujourd’hui

de plus en plus vis à vis des femmes dans l’ Église,

s’élargisse toujours mieux pour une meilleure complémentarité.

 

Colette a œuvré pour un renouveau dans notre famille franciscaine.

Alors que nous célébrons les 10 ans de notre monastère de Ronchamp,

prions pour que nous-mêmes et tous nos amis,

nous nous engagions pour la croissance de cette refondation

dans le souffle de l’Esprit.

soeur Marie-Laetitia, le 6 mars 2021

 


 

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Prière pour entrer en carême

 

Je suis venu apporter un feu sur la terre

et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !  (Lc 12, 49)

Ce mercredi des cendres

quelles braises couvent

sous les cendres de nos vies et de notre monde ?

 

Nous nous souvenons que nous sommes poussière

et  que nous retournerons à la poussière :

Aide-nous Seigneur à accueillir nos fragilités de créatures,

Apprends-nous à respecter, protéger et accompagner

toute personne depuis sa conception jusqu’à sa fin de vie.

 

Le Seigneur n’est ni dans le feu ni dans le tremblement de terre.

Quand la forêt d’Amazonie part en fumée

pour nourrir le bétail des européens ;

Quand les territoires australiens prennent feu sous la canicule ;

nous sommes conscients de détruire notre maison commune.

Seigneur prends pitié.

 

L’Esprit pousse Jésus au désert durant 40 jours :

Nous allons cheminer 40 jours pour retourner vers toi Seigneur,

pour accueillir et célébrer ta Pâque.

Que la prière, le jeûne et le partage

ravivent en nous la fraternité, l’humilité, la joie de t’aimer

et qu’ils nous détournent

de la superficialité, de l’indifférence et du consumérisme.

sr Maggy,le 17 février 2021

 


 

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   Nuit de Noël 2020 à Notre-Dame du Haut

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Méditation de Noël 2020 :

Noël autrement, maintenant, sobrement

 

 

Après une année  suspendue à l’évolution d’une pandémie

qui a rendu notre humanité solidaire et si fragile,

l’évangile nous convie à  la joie de Noël.

 

Noël autrement, ni comme avant ni comme après ;

Noël maintenant :

Juste au moment présent,  se réjouir d’une naissance

celle du Fils de Dieu sur terre,

celle de notre humanité ainsi rejointe.

Au cœur de toute personne gît ce désir d’une vie belle et digne

et ce pouvoir de devenir enfants de Dieu,  qui nous est donné. (Jn 1, 12)

 

Noël sobrement :

Toutes ces crises sociales, écologiques, sanitaires et économiques

n’invitent-elles pas à un autre rapport au monde ?

 

Rêvons d’une année 2021 toute neuve

où des forces de résiliences, de renaissances ,

de réconciliations travaillent notre terre ;

où prendre soin les uns des autres et de la création

construit une fraternité universelle ;

où justice et paix s’embrassent,

amour et vérité se rencontrent. (Psaume 84, 11)

 

Puisse  l’espérance nous emporter :

C’est par lui que tout est venu à l’existence,
et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
En lui était la vie,
et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres,
et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
(Jn 1, 3-5)

 

Sr Maggy, le 25 décembre 2020

 


 

 

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Méditation pour entrer en Avent

À la porte du ciel

 

Nous ouvrons ce dimanche la porte de l’Avent,

temps privilégié pour prendre conscience

de la venue du Fils de Dieu dans notre histoire si perturbée par la pandémie.

Une nouvelle année de foi en Dieu-avec-nous et parmi nous commence.

 

Dans notre chapelle de Ronchamp,

Notre-Dame du Haut ne peut être contemplée qu’en levant les yeux vers le ciel.

Une hymne l’appelle « porte du ciel », « étoile de l’Avent ».

Elle fait signe vers Dieu et porte son Fils pour nous l’offrir.

Le Messie est venu, il va venir et ne cesse pas de venir.

 

Voici que je me tiens à la porte, et je frappe.

Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte,

j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi.

(Apocalypse 3, 20)

Rencontre illimitée, sans attestation ni sanction… déconfinement garanti.

 

Soyons des chrétiens en chemin,

des portiers prêts à ouvrir la porte du monde et de nos vies

à Celui qui advient dans l’histoire :

Prenez garde, restez éveillés

car vous ne savez pas quand ce sera le moment. (Mc 13, 33)

 

Soyons vigilants afin de ne pas manquer le bon moment,

celui où l’espérance qui nous porte décèle, pressent

que du neuf survient dans le sens du Royaume de Dieu.

Le monde n’est pas qu’effondrements, cynisme ou ressentiments,

l’Esprit Saint y est à l’œuvre.

Tel est « le mouvement tellurique » de l’Avent.

 

Sr Maggy, 29 novembre 2020


 

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Fête de Saint François 2020

Entre Laudato si’ et  Fratelli  tutti

 

Grand rassemblement d’hirondelles de fenêtres

ce mercredi 9 septembre à 9 h à Notre-Dame du Haut :

comme elles ont raison de se poser sur la coque de la chapelle

voire sur la croix de la grande tour !

Confient-elles à Notre–Dame du Haut leur périlleuse migration,

leur traversée de la Méditerranée,

pour trouver refuge dans les contrées africaines ?

 

De ces contrées, en sens inverse,

des hommes, des femmes et des enfants

migrent vers nos pays pour un avenir meilleur.

Combien quitteront les camps

pour venir vivre en notre compagnie, tous frères et sœurs

car nous n’avons qu’un seul Père qui est aux cieux ?

 

L’air autour de la chapelle est tout vibrant de vie,

des pirouettes bruyantes de cette multitude de nos sœurs ailées.

Un jour, François d’Assise a réussi à faire taire

des hirondelles parce qu’elles avaient

« devinés à l’avance le très doux amour qu’il leur portait » (1 Celano 59) :

 

« Mes sœurs les hirondelles, maintenant, il est temps que je parle moi aussi,

car vous, vous avez assez parlé jusqu’à présent.

Ecoutez la parole du Seigneur, faites silence et tenez vous tranquilles

jusqu’à ce que la parole du Seigneur soit achevée ! »

 

Écouter les hirondelles migrantes

chanter l’hymne de leur existence :

que d’énergie déployée,

tant de vols vifs pour se poser longtemps,

de réflexes grégaires pour partir ensemble

vers l’ailleurs d’une vie possible !

Quel message de Dieu nous apportent ces créatures si fragiles ?

 

Ma grâce te suffit,

car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. (2 Co 12, 9)

 

Si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde,

vous direz à cette montagne : “Transporte-toi d’ici jusque là-bas”,

et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible.  (Mt 17, 20)

sr Maggy, 4 octobre 2020


 

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Méditation d'été déconfiné : 

TRESOR CACHE

 

 

« Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ;

l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.

Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède et il achète ce champ. » Mt 13, 44

 

Vivre l’été comme une chasse au trésor, celui que nous avons pressenti en période de confinement.  Déstabilisés par la pandémie, nous avons reconnu notre fragilité,

 notre interdépendance d’habitants d’une planète commune,

d’une Europe qui  tente de se reconstruire et qui se cherche.

 

« Tu tiens dans tes bras de pauvre, avec l’humilité et la force de la foi,

le trésor caché dans le champ du monde et la profondeur du cœur humain. »

3ème lettre de Claire à Agnès v. 7

 

Sous le soleil d’été, le paysage observé depuis la colline suscite l’émerveillement.

Ouvrir les yeux du cœur pour découvrir la présence du Créateur :

se laisser habiter par le silence, le souffle du vent,

les stridulations des sauterelles, le chant du merle.

Être gratuitement là, sensibles à tout ce qui vit,

nous emplit de la grâce de vivre reçue à notre naissance.

 

 « Une écologie intégrale implique de consacrer un peu de temps à retrouver

 l’harmonie sereine avec la création, à réfléchir sur nos styles de vie, et sur nos idéaux,

à contempler le Créateur, qui vit parmi nous et dans ce qui nous entoure,

dont la présence « ne doit pas être fabriquée, mais découverte, dévoilée. »

Laudato ‘si n°224

 

A l’heure de la prière commune,

laudes et vêpres, matin et soir,

découvrir que le Seigneur est avec nous et aussi en nous.

Se recueillir et cueillir ce qui se révèle dans la profondeur du cœur humain

et tisse nos rencontres de ces petits mots si précieux et si fragiles :

« Merci-Pardon- Je t’aime. »

 

Trésor caché de l’intériorité…

 

Ce trésor est peut-être ce qui donne sens à toute notre vie.

Ce trésor est peut-être la paix à rebâtir après l’affrontement.

Ce trésor est peut-être l’espérance qui germe après l’effondrement.

Ce trésor est peut-être la présence divine au plus secret des cœurs.

Ce trésor n’est-il pas Royaume de Dieu,

Royaume des cieux, Royaume promis, annoncé par Jésus.   Sr M-C

 

 7 août 2020, sr Maggy

 


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5ème anniversaire

de la lettre encyclique  Laudato ‘si  du pape François,

sur la sauvegarde de la maison commune

 

Seigneur, envoie ton Esprit sur les habitants de l’Amérique latine

devenue centre de l’épidémie :

donne à ses dirigeants la volonté de sauver les vies

et de se mettre à l’écoute de la sagesse des indiens d’Amazonie.

Avec eux, apprends-nous

« à transformer en souffrance personnelle ce qui se passe dans le monde,

à reconnaître notre contribution à apporter. » L.S 19

 

En ce temps de déconfinement où nos sociétés veulent relancer la production,

donne nous Seigneur ton Esprit de discernement

pour adopter un mode de vie sobre

et « renoncer à transformer la réalité

en pur objet d’usage et de domination . » L.S 11

Aide-nous à nous sentir intimement unis à tout ce qui existe

et à vivre simplement avec gratuité, gratitude et humilité.

 

Seigneur en ce temps de fin du ramadan,

nous te confions nos frères et sœurs de l’Islam

qui n’ont pu se rassembler.

Envoie ton Esprit à tous les croyants

« afin qu’ils entrent dans un dialogue

en vue de la sauvegarde de la nature, de la défense des pauvres,

de la construction de réseaux de respect et de fraternité. » L.S 201

 

Seigneur envoie ton Esprit à ton Église en prière :

que sa démarche de conversion écologique,

son espérance de la nouvelle Création

renforce sa foi en la vie éternelle que tu nous promets.

Rends-nous créatifs, à l’écoute de ton Fils,

« le Seigneur de la vie qui nous porte

à trouver toujours de nouveaux chemins. » L.S 245

 

Loué sois-tu mon Seigneur avec toutes tes créatures.

 

Loué sois-tu mon Seigneur par sœur notre mère la terre

qui nous nourrit et nous gouverne,

qui produit la diversité des fruits et les fleurs colorées et l’herbe.

 

Loué sois-tu mon Seigneur

Par ceux qui pardonnent par ton amour

Par ceux qui supportent épreuves et  maladies

Par notre sœur la mort

 

Louez et bénissez mon Seigneur

Rendez-lui grâces et servez-le en toute humilité.

du Cantique des créatures de saint François d'Assise

L.S = encyclique laudato 'si

 

24 mai 2020, soeur Maggy


 

 

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SOUFFLE

entre Vendredi Saint et Pentecôte

 

« Le souffle en moi s’épuise, mon cœur au fond de moi s’épouvante...

Ton Souffle est bienfaisant... »  Psaume 142

 

 

Nous sommes à bout de souffle, halètent les patients

qui sentent la vie les quitter.

 

Nous sommes à bout de souffle, crient les soignants

qui se voient submergés par les arrivées massives en réanimation.

 

Nous sommes à bout de souffle, clament les patrons d’entreprises à l’arrêt,

qui n’ont plus de commandes ni de livraisons.

 

Nous sommes à bout de souffle, s’angoissent les ouvriers

craignant la perte de leur emploi, portes fermées, manque d’argent.

 

Nous sommes à bout de souffle, confient les parents

confinés avec leurs enfants dans d’étroits logements.

 

Nous sommes à bout de souffle, gémissent les anciens

condamnés à la solitude et privés de relations.

 

Nous sommes à bout de souffle, avouent les croyants

qui ne connaissent guère la vie intérieure et n’ont plus droit aux rassemblements.

 

 

Nous sommes à bout de souffle en ce temps de crise

et pourtant :

Le Souffle de Dieu, brise légère, est encore offert à tous

et nous guidera sur de bons chemins

si nous épousons son mouvement,

si nous nous laissons habiter par lui,

si nous respirons à pleins poumons

le don de la vie qui nous est confiée,

ce don de l’amour que chacun porte en soi

et que Jésus lui-même nous a partagé.

Présence encore cachée.

 

Mais bientôt

Il sera grand temps de nous mettre à l’unissons

de cette « Ruah Yahweh »,

cette puissance de vie qui traverse la Bible,

transperce des êtres

et ranime vivants et morts.

 

 

 

Jésus, Fils Bien-Aimé de Dieu, en était rempli sans mesure.

Son souffle guérissait, son souffle relevait, donnait des forces neuves...

 

 

et pourtant comme nous,

sur son chemin de croix, nous l’avons vu :

Il haletait, soudain privé de souffle,

jusqu’à la croix, torture pour le souffle,

jusqu’à remettre enfin, entre les mains de son Père,

en Dieu, qui était bien son Père,

son esprit, son dernier souffle de confiance

d’amour et de pardon, d’espérance infinie

pour le dernier des humains.

 

La mort a fait son œuvre,

mais au-delà du voile et de la déchirure,

un grand vent est passé,

vent d’orage,

vent que nous découvrons au troisième jour

vent de résurrection.

 

 

Jésus Seigneur, premier ressuscité

dans la gloire du Père,

au cinquantième jour

répandra en abondance

le Souffle d’en-haut,

incompressible don offert à tout vivant

Hier, Aujourd’hui et Demain.

 

Saurons-nous l’accueillir

pour de nouveaux enfantements ?

Des jours de la Passion

jusqu’au Jour de Pentecôte,

pour un Après qui ne finira pas...

 

« Jésus ressuscité a reçu du Père l’Esprit Saint promis

et il l’a répandu,

comme vous le voyez et l’entendez. » Actes 2, 32-33

 

 

Avril 2020, sr Marie-Claire

 

 


 

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Méditation de carême 2020

Qui eût pensé qu’un temps de carême

où l’on prône à tous vents un changement de vie radical,

un séjour au désert privé de toute sécurité,

une vie de sobriété, une vie intérieure basée sur le jeûne, la prière, le partage...

 

Qui eût pensé que tout cela, un jour, brutalement, serait mis en acte

comme en un grand carême  mondial, universel, inéluctable,

révélateur d’un besoin urgent  dont on ne soupçonnait pas le prix et la venue,

comme une épreuve initiatique s’imposant à tous,

questionnant notre liberté ?

 

Il a suffi qu’un virus inconnu s’introduise en Chine,

d’abord caché, bientôt connu, étudié, identifié, nommé  coronavirus,

semant la mort ou ses dangers, se répande très vite

par des porteurs infectés  ayant essaimé sur tous les continents...

La mondialisation est là, sous nos yeux,

et pour quels effets ?

 

Pauvres et riches sont à la même enseigne  dans leur fragilité,

leur condition humaine si vulnérable,

dont ils n’avaient jamais autant pris conscience, que ces jours-ci...

 

Les chercheurs se mobilisent pour trouver un vaccin...

Médecins et soignants se donnent sans compter

pour que le souffle ne vienne à manquer  en de nombreux patients.

Les politiques s’affairent pour gérer la crise, préserver les populations,

relancer l’économie dont les cours en bourse s’effondrent.

 

Partage, solidarité, responsabilité, sont les maîtres-mots

de cette entraide généreuse pour la vie.

 

Le jeûne de tout ce qui nous tient à cœur et nous disperse

va-t-il nous aider à retrouver l’essentiel de nos vies ?

Gigantesque taille de l’arbre, élagage de toute branche morte,

élimination de tous les gourmands, de tous les troncs pourris,

au profit de rejetons qui sont là, bien vivants, presque inaperçus,

Ils existent pourtant !

Que va-t-il nous rester de ce qui nous manque,

ce dont, peut-être, nous n’aurons plus besoin ?

 

Et la prière, en tout cela ?

On n’en parle sans doute pas beaucoup,

mais la relation à Dieu, pour soi et pour les autres,

est une réalité qui se révèle capitale.

 

L’Esprit est là, toujours, au fond des cœurs

qui se relient à son mouvement plus rapide que la lumière

et nous propulse en avant.

Même si les églises sont fermées, il reste en chacun

la chambre intérieure et secrète où Dieu se tient présent,

la communion dans l’invisible,

le soutien spirituel qui est promesse de vie,

de vie présente et éternelle.

 

Jésus est parmi nous, dans la tempête et au-delà,

guidant l’humanité vers de nouveaux rivages.

 

C’est la Pâque du Seigneur et de son peuple

appelé à ressusciter.

 

 

10 mars 2020

 ​​soeur Marie Claire 

 


 

 

 
Dernière modification : 30/05/2021