MONASTÈRE SAINTE-CLAIRE

Les Clarisses à Ronchamp

 
 
 
 
 
 
 

Méditations saisonnières

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Méditation de carême 2020

Qui eût pensé qu’un temps de carême

où l’on prône à tous vents un changement de vie radical,

un séjour au désert privé de toute sécurité,

une vie de sobriété, une vie intérieure basée sur le jeûne, la prière, le partage...

 

Qui eût pensé que tout cela, un jour, brutalement, serait mis en acte

comme en un grand carême  mondial, universel, inéluctable,

révélateur d’un besoin urgent  dont on ne soupçonnait pas le prix et la venue,

comme une épreuve initiatique s’imposant à tous,

questionnant notre liberté ?

 

Il a suffi qu’un virus inconnu s’introduise en Chine,

d’abord caché, bientôt connu, étudié, identifié, nommé  coronavirus,

semant la mort ou ses dangers, se répande très vite

par des porteurs infectés  ayant essaimé sur tous les continents...

La mondialisation est là, sous nos yeux,

et pour quels effets ?

 

Pauvres et riches sont à la même enseigne  dans leur fragilité,

leur condition humaine si vulnérable,

dont ils n’avaient jamais autant pris conscience, que ces jours-ci...

 

Les chercheurs se mobilisent pour trouver un vaccin...

Médecins et soignants se donnent sans compter

pour que le souffle ne vienne à manquer  en de nombreux patients.

Les politiques s’affairent pour gérer la crise, préserver les populations,

relancer l’économie dont les cours en bourse s’effondrent.

 

Partage, solidarité, responsabilité, sont les maîtres-mots

de cette entraide généreuse pour la vie.

 

Le jeûne de tout ce qui nous tient à cœur et nous disperse

va-t-il nous aider à retrouver l’essentiel de nos vies ?

Gigantesque taille de l’arbre, élagage de toute branche morte,

élimination de tous les gourmands, de tous les troncs pourris,

au profit de rejetons qui sont là, bien vivants, presque inaperçus,

Ils existent pourtant !

Que va-t-il nous rester de ce qui nous manque,

ce dont, peut-être, nous n’aurons plus besoin ?

 

Et la prière, en tout cela ?

On n’en parle sans doute pas beaucoup,

mais la relation à Dieu, pour soi et pour les autres,

est une réalité qui se révèle capitale.

 

L’Esprit est là, toujours, au fond des cœurs

qui se relient à son mouvement plus rapide que la lumière

et nous propulse en avant.

Même si les églises sont fermées, il reste en chacun

la chambre intérieure et secrète où Dieu se tient présent,

la communion dans l’invisible,

le soutien spirituel qui est promesse de vie,

de vie présente et éternelle.

 

Jésus est parmi nous, dans la tempête et au-delà,

guidant l’humanité vers de nouveaux rivages.

 

C’est la Pâque du Seigneur et de son peuple

appelé à ressusciter.

 

 

10 mars 2020

 ​​soeur Marie Claire 

 


 

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Méditation de Noël 2020

 

Auprès de la crèche :

Marie met au monde  Jésus, son Fils premier-né.

Dieu a pris chair de notre fragile humanité

et s’est fait notre frère.

Le chemin vers une fraternité universelle, c’est Noël.

 

Un nouveau-né couché  dans une mangeoire,

joie des bergers qui gardent leurs troupeaux.

Le chemin vers une simplicité de vie  qui honore toute la Création

et en fait une maison commune,  c’est Noël.

 

Ne craignez pas, je vous annonce  une heureuse nouvelle.

Un nouveau monde possible,

l’inouï de Dieu à notre portée, c’est Noël.

 

Gloire à Dieu au plus haut des cieux

et paix sur la terre  aux hommes qu’il aime.

Recueillis dans la contemplation, le coeur débordant de gratitude,

chercher la paix  pour tous et toutes, c’est Noël.

 

Quand Dieu naît en nous :

De la Bonne nouvelle selon saint Jean 1, 12-14

À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu,

eux qui croient en son nom.

Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.

Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire,

la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

 

Je me demande souvent, Seigneur : es-tu celui qui doit venir ?

Et je reçois une Parole palpitante comme de l’eau

Qui file entre mes mains et me déplace sans cesse

 

J’attendais des réponses à apprendre par cœur et à répéter

Et je reçois encore davantage de questions

 

J’attendais la puissance et l’autorité et je reçois la candeur d’un nouveau-né

 

Je me tiens là, dans l’hébétude : es-tu celui qui doit venir ?

 

Ton abandon convoque ma force, tes questions m’invitent

À ajouter ma voix au grand concert du monde

Ta Parole réveille ma soif

 

Et je comprends, Seigneur, que c’est au plus profond de moi

Que je t’attends depuis toujours.

Marion Muller-Colard

Éclats d’Évangile 2017 p 207


 

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Méditation pour le temps de l'avent

Seigneur notre Dieu, en ce temps liturgique de l’Avent

qui nous prépare à célébrer tes merveilles,

en particulier celle de la naissance de ton fils, nous te prions.

 

Dieu de justice et de paix, que ton règne vienne .

 

Seigneur notre Dieu, tu nous appelles et tu nous dis :

Venez, montez ensemble à la montagne du Seigneur.

En ces temps où faire la guerre semble devenir la norme de l’homme civilisé,

nous te prions.

Viens toucher nos coeurs afin que l’entente et l’amitié deviennent loi pour tous,

que les armes soient transformées en instruments d’entraide

et que les grands états ne se servent plus des plus faibles pour conduire leur guerre de domination et d’hégémonie. 

 

 

Seigneur notre Dieu, ta lumière devient notre arme principale, unique et préférée. Viens préparer nos coeurs à l’accueil inconditionnel de cette lumière.

Ainsi nous pourrons regarder la différence comme une richesse,

accepter l’autre dans ses forces, lui donner les moyens de devenir lui-même

en devenant citoyen du monde.

 

 

Seigneur notre Dieu, l’homme s’est conduit en apprenti sorcier

avec la terre que tu lui as confiée dès la création du monde.

Viens transformer nos coeurs en coeurs fraternels.

Ainsi, non pas pour conserver la terre à notre propre profit, mais pour établir des relations fraternelles avec tous les éléments de la nature , nous pourrons remplir notre mission commune, celle te louer, chacun selon ses spécificités :

la terre en donnant son fruit, l’homme en aimant son frère toujours plus.

 

 

Seigneur notre Dieu, tu nous appelles à nous tenir prêts pour ton retour. 

De quel retour s’agit-il ?

Viens nous aider à ouvrir nos coeurs à l’inconnu de ce retour.

Ainsi nous ne nous laisserons pas manipuler par d’autres dieux que toi,

nous saurons abandonner la partie de nous-mêmes qui n’est pas en cohérence avec la fraternité universelle ; nous accepterons de participer en plénitude à la divinité de ton amour venu sur terre pour que l’homme devienne dieu en toi.

 

 

Seigneur notre Dieu, tu nous donnes ce temps privilégiés pour nous préparer

à la naissance de ton fils sur terre, et nous t’en remercions,

cette naissance qui a lieu hier, aujourd’hui, demain et dans les siècles des siècles.   

Soeur Brigitte, 1er décembre 2019 


 

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   Derviches et franciscains prient en silence auprès du tombeau de saint François

Méditation du 4 octobre 2019

pour la fête de saint François

 

Faire mémoire de la rencontre 

de saint François d’Assise et du sultan Malik-Al-Kamil en 1219

 

À quel chemin de dialogue nous invite aujourd’hui François ? 

François est perçu aujourd’hui par certains musulmans comme un croyant ayant découvert un trésor à partager avec tout homme qu’il voyait comme un frère.  

Pour les chrétiens que nous sommes, il s’agit de partager notre propre foi enracinée dans l’incarnation du Fils de Dieu

en respectant la religion de l’autre et en laissant à Dieu seul l’initiative. 

À nous de garder précieusement à cette rencontre de 1219 son mystère.

À nous de persévérer avec créativité  dans l’accueil de nos différences  

en construisant la paix sur le terreau commun de nos fois respectives.

 

 

 

À Abou-Dabi, le 4 février 2019,

le pape François rencontre  le Grand Imam d’Al-Azhar 

Au nom de Dieu et de la fraternité humaine, Al-Azhar al-Sharif – avec les musulmans d’Orient et d’Occident –, conjointement avec l’Eglise catholique – avec les catholiques d’Orient et d’Occident –, déclarent adopter la culture du dialogue comme chemin ; la collaboration commune comme conduite ; la connaissance réciproque comme méthode et critère.

 

 

Pâques de François

Tous les desseins de Dieu s’étant réalisés en lui, l’âme très sainte de François se dégagea de la chair pour être absorbée dans l’abîme de la clarté de Dieu, et le bienheureux s’endormit dans le Seigneur. Un de ses frères vit son âme montant tout droit au ciel sous la forme d’une étoile splendide portée par une blanche nuée au-dessus d’une immense étendue d’eau, âme rayonnante des splendeurs  de sa sainteté et débordante des richesses de la grâce et de la sagesse du ciel, qui valurent au saint le séjour de lumière et de paix où il jouit maintenant avec le Christ d’un repos sans fin.(LM 14, 6) 

 

 

 

Le 24 mai 2014, frère Gwenolé Jeusset est allé prier avec son ami derviche sur la tombe de Rûmi (1207-1273) à Konya, écoutons un des poèmes de ce persan contemporain de saint François pour méditer ce transitus.

 

Sache que l’âme est la source,
Et toutes les choses créées,
Des ruisseaux.

Tant que demeure la Source,
S’écoulent les ruisseaux.

Chasse le chagrin de ton esprit,
Bois l’eau de ce ruisseau ;

Ne crains pas que l’eau tarisse,
Car elle est sans fin…

Vois comme est devenu un tout ce corps,
Qui est une partie de ce monde de poussière !

Quand tu auras voyagé à partir de ta
Condition d’homme, sans nul doute
Tu deviendras ange.

Quand tu en auras fini avec la terre,
Ta demeure sera le ciel.

Soeur Maggy


 

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Méditation pour la journée mondiale de prière

pour la sauvegarde de la Création 

 

Les premiers frères de saint François d’Assise témoignent :

« Nous qui avons été avec lui, nous l’avons tant vu se réjouir toujours, intérieurement et extérieurement, en à peu près toutes les créatures, les toucher, les regarder avec plaisir que son esprit paraissait non pas sur terre, mais dans le ciel. Cela est manifeste et vrai, car en raison des nombreuses consolations qu’il eut et qu’il avait dans les créatures de Dieu, peu avant son décès, il composa et fit des louanges du Seigneur sur ses créatures en vue d’inciter le cœur de leurs auditeurs à la louange de Dieu, afin que le Seigneur soit loué  par tous en ses créatures. »

 

« Le monde est plus qu’un problème à résoudre, 

il est un mystère joyeux que nous contemplons dans la joie et dans la louange. »

encyclique Laudato ‘si du pape François 2015 n° 12

 

 

Loué sois-tu Seigneur pour toutes tes créatures.

 

Quand nous contemplons émerveillés la beauté 

de nos paysages de Franche-Comté, nous sommes emplis de gratitude 

envers le Père,  Créateur de toutes choses :

Conduis-nous Seigneur sur le chemin de ta louange.

 

Loué sois-tu Seigneur par toutes tes créatures.

 

Quand la forêt amazonienne s’enflamme, 

nous craignons pour le climat et nos économies globalisées :

Apprends-nous Seigneur 

à tenir notre juste place dans ta Création,

créatures parmi les créatures,

responsables de prendre soin de notre maison commune.

 

Loué sois-tu Seigneur de bonté,

tu as inscrit nos noms sur la paume de tes mains.

 

Quand nos différences de cultures, de religions, 

de générations nous déconcertent,

nous sommes tentés de nous replier sur nous-mêmes,  

avec ceux et celles qui nous ressemblent.

Apprends-nous Seigneur à nous réjouir de nos diversités, 

à cultiver l’harmonie de ta Création foisonnante en biodiversité,

à accueillir le message des jeunes inquiets pour l’avenir de la planète.

 

sr Maggy 1er septembre 2019


 

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Marie en son assomption

 

Marie en son assomption :

totalement assumée par Dieu.

 

En ce quinze août 2018, 

depuis  la chapelle intérieure, 

elle étincelle,

enveloppée de lumière,

soleil levant qui monte dans le ciel.

Elle étincelle

comme ces trouées lumineuses

tout autour d’elle,

telles des étoiles scintillantes :

 

Désir d’un inspiré,

étape d’un chantier,

trouvaille de l’architecte

qui a conçu ce haut-lieu

abritant Marie. 

On peut la contempler

sur un fond d’arbre,

de ciel ou de nuage,

si longuement.

 

Et puis, un peu plus tard :

dans cette cathédrale en plein air,

en plein ciel,

elle est là...

Mais un soleil éblouissant

l’a prise entièrement

dans son rayonnement de gloire.

On ne voit plus que lui, 

jouant sur la vitre invisible,

comme tout proche et fascinant.

 

Cela dure un temps,

un moment,

puis ce faisceau lumineux

se retire doucement,

laissant apparaître à nouveau

la mère et l’enfant

dans l’ombre discrète

et bien terre à terre

que nous aimons tant.

 

 

Elle y demeurera 

pour notre joie,

notre confiance,

notre espérance renouvelée :

Notre Dame du Haut,

tandis que le Christ solaire

continuera de nous baigner

de sa chaleur vivifiante

et d’une brise légère : 

Passage de l’Esprit,

passage du Très Bas,

Dieu peut-être...

 

Dieu certain 

dans le vin et le pain partagé.

En Lui est assumée

toute l’humanité, 

toute la création.

Soeur Maie-Claire août 2019

 


 

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Esprit de Pentecôte 

Du livre des Actes des Apôtres (2, 2-4)

 

Soudain un bruit survint du ciel
comme un violent coup de vent :
la maison où les disciples étaient assis en fut remplie tout entière.
    Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu,
qui se partageaient,
et il s’en posa une sur chacun d’eux.
    Tous furent remplis d’Esprit Saint :
ils se mirent à parler en d’autres langues,
et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.

 

Viens Esprit de Dieu, 

      viens consommer l’univers dans ta gloire

 

Esprit de Pentecôte,

en nos coeurs craintifs, 

repliés sur nos sécurités,

enfermés dans nos idéologies,

viens souffler ton esprit 

d’audace, de renouveau, d’hospitalité. 

 

 

Esprit créateur,

dans les profondeurs de la terre et de la mer,

entre radioactivité et plastique partout,

des êtres vivants évoluent.

Apprends-nous à faire de notre terre

une maison commune pour toutes tes créatures.

 

Esprit qui parle en toutes langues,

Rends féconds nos dialogues entre personnes 

de religions et convictions différentes.

Entre Islam et Occident sécularisé, 

Trace toi-même les chemins

de la paix et de la convivialité.

soeur Maggy 10 juin 2019


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   Crucifié sculpté dans un arbre mort  Liban

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De l’arbre de la croix à l’arbre de vie

 

Vendredi Saint 

 

Jésus crucifié, ton silence fait non-violence.

Quand d’anciens ennemis acceptent de faire ensemble un bout de chemin,

déjà Seigneur tu ressuscites.

 

Jésus crucifié, de ton coeur transpercé  naît l’Église.

Quand elle met au jour ses blessures,

ton Esprit l’apaise et la renouvelle.

 

Jésus crucifié, ton souffle se meurt dans un grand cri d’abandon.

Quand nous sommes à l’écoute des cris de la terre et des cris des pauvres,

ton souffle en nous ressuscite.

 

Jésus crucifié, tes bras ouverts veulent embrasser les enfants de Dieu dispersés.

Quand nous cherchons la communion,

quand nous osons la fraternité sans frontières,

ton amour nous unit.

 

Voici la croix d’où jaillit la Vie

 

 

 

 

 

 

Dimanche de Pâques

 

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau

de grand matin c’était encore les ténèbres.

Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

Jn 20, 1

 

 

 

 

Se réveiller au point du jour

pour s’éveiller 

à la Vie qui renaît.

Percevoir 

la louange silencieuse 

de ses créatures  

qui bourgeonnent.

Contempler l’arbre de vie :

Christ est ressuscité,

l’arbre mort a refleuri.

 

 

soeur Maggy, Pâques 2019

 


 

 

   Feu de la Vigile pascale à Ronchamp

 

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BRASIER DE FEU

 

La semaine sainte a commencé

quand éclate la nouvelle : 

Notre Dame de Paris est en feu ! 

 

Incroyable nouvelle

et pourtant si réelle 

devant nos yeux :

Au-dessus du brasier,

la flèche séculaire

brûle de l’intérieur

comme une torche

et puis s’écroule,

telle un fétu de paille...

 

    « Bois tout en feu,

       Buisson ardent où rien n’est cendre,

       Croix où le Fils se laisse pendre

       quand vient le temps... »

 

       Désastre de la cathédrale en flammes,

       Désastre plus grand encore

       de ce Feu qui dévore

       le Fils du Dieu vivant

       dont nous célébrons la Passion,

       Passion d’Amour divin

       qui jamais ne pourra s’éteindre.

 

Le brasier, au cœur de Paris

va-t-il engloutir

cette Demeure neuf fois centenaire, 

Témoin de notre histoire,

Œuvre d’art éblouissante,

Protection de la cité,

Église en prière,

tellement visitée,

tellement admirée

de près, de loin, de très loin...

 

Les valeureux pompiers ont évité le pire,

mais la voûte s’est effondrée,

jonchant le sol de bois calcinés

bientôt noyés dans l’eau salutaire,

s’ouvrant au ciel tout enfumé...

Les gens sont là, bouche bée,

le regard noyé, le cœur brisé...

 

 

     Les « Lamentations » de Jérémie

     ont bien traduit la détresse

     d’une ville détruite, écrasée.

     Et saint Luc, en son évangile,

     a bien décrit cette foule

     qui regarde la croix, de loin, 

     comme un spectacle, et puis se retire en silence,

     désemparée... Pourquoi un tel désastre ?

 

Il reste debout : les murs

et les deux beffrois, semblables

à cette femme, Marie,

dont cette cathédrale porte le nom.

Debout près de la croix

elle ne fléchit pas

et saura redonner 

espoir aux désespérés. 

 

     Car elle garde au cœur

     cette croix de lumière

     qui brille étrangement

     dans les débris fumants :

     La croix en nudité

     du Christ ressuscité,

     signe de sa présence,

     de sa Pâque aujourd’hui.

 

« Peuple de bâtisseurs,

nous la reconstruirons,

cette cathédrale qui accompagnait

l’histoire de notre pays ! »

Navire au long cours

sur les berges de la Seine.

 

     Les mains s’ouvrent déjà

     pour chacun apporter sa pierre ou ses millions.

     Les acteurs de sa liturgie

     ne se laisseront pas abattre

     par cette tragédie :

     La maison du Seigneur

     faite de pierres vivantes

     célébrera toujours

     ici ou ailleurs le Mystère :

     Amour qui sauve et se donne.

 

L’Église triomphante a bien pu s’écrouler,

mais l’Église servante, purifiée par le Feu,

surgira de ses cendres aujourd’hui ou demain

par la force de l’Esprit Saint.                          

  Soeur Marie-Claire 15-16 avril 2019

 


 

 

 

 

 

 

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2 visages

 

En chemin vers Pâques

Bonne nouvelle selon saint Luc 9, 28b-29

 

Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques,

et il gravit la montagne pour prier. 

Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, 

et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.

 

 

REGARDS

 

Un grand soleil

brûlant, éblouissant,

qui autrefois, Jésus, 

revêtait de lumière

ton être tout entier

transfiguré.

 

Un grand soleil

aujourd’hui sur la plaine,

symbole du Très-Haut

que l’on ne peut voir face à face

sans être aveuglé...

 

Mais voici qu’un nuage

vient tamiser pour nous, 

pauvres humains,

cette lumière trop vive

que l’on ne peut supporter : 

Blancheur de la nuée

toute ourlée d’or

qui s’entrepose en douceur, 

vient comme protéger

tout en laissant deviner

l’or en fusion de l’amour divin.

 

Autre face de la Trinité

qui a nom Esprit Saint,

si proche et mystérieux,

autre face révélée

de notre vocation

d’éternité.

 

  

 

CROIX DE VINCENT FERRIER

 

resplendissante

dans la lumière de midi

grâce au rayonnement

qui vient d’en haut,

tu portes un Christ mort,

le visage baissé, 

le cœur ouvert, 

les membres suspendus, cloués,

écartelés,

portant le poids des péchés...

 

Mais tu révèles aussi

un Christ auréolé

comme debout, ressuscité,

ouvrant tout grand les yeux

sur la terre, au loin,

sur le monde habité

qui ne sait que tu l’aimes

ainsi, à la folie,

au-delà de la mort.

 

 

 

Sœur Marie-Claire

6 mars 2019

 


 

 

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Méditer la nuit de Noël

 

Ô nuit, ma plus belle invention 

Ô nuit, ma plus belle invention, ma création respectable entre toutes.

Ma plus belle créature. Créature de la plus grande Espérance.

Qui donnes le plus de matière à l’Espérance…

C’est toi qui berces toute la Création

Dans un Sommeil réparateur.

Comme on couche un enfant dans son petit lit,

Comme sa mère le couche et comme sa mère le borde 

Et l’embrasse.

 

Ô douce, ô grande, ô sainte, ô belle nuit,

Nuit à la grande robe, à la robe étoilée,

Tu me rappelles ce grand silence qu’il y avait dans le monde

Avant le commencement du règne de l’homme.

Tu m’annonces ce grand silence qu’il y aura 

Après la fin du règne de l’homme, quand j’aurai repris  mon sceptre.

 

Mais surtout, nuit, tu me rappelles cette nuit 

Cette incroyable descente de mon Fils parmi les hommes.

Chez les hommes…

d’après Charles Péguy 

in « Le porche du mystère de la deuxième vertu »

 

Cette nuit de la Nativité, le Fils de Dieu vient partager 

notre fragile humanité.

Notre prière est pleine d’espérance: 

 

Ils sont honduriens et ils marchent ;

Ils sont mexicains et ils fuient.

Face à un mur sécuritaire,

ils osent chercher l’improbable trouée vers les Etats-Unis.

Ils n’ont plus rien à perdre hormis l’espoir d’une vie meilleure.

Ils sont kurdes, irakiens, afghans, syriens ou somaliens.

Réfugiés dans les bois à Calais,

ils attendent un départ pour l’Angleterre,

ils espèrent une vie libre au grand jour.  

 

Sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. 

Le peuple qui marchait dans les ténèbres 

a vu se lever une grande lumière ! (Is 9,1)

 

Ils portent des gilets jaunes, elles voudraient des gilets verts,

tous et toutes prennent la parole pour participer    

à une société plus juste 

sur une terre encore habitable  pour leurs enfants. 

Ils sont chrétiens, laïcs et clercs, 

ils cheminent ensemble pour construire sur l’Evangile 

une Eglise de disciples missionnaires.

 

La paix sera sans fin établie sur le droit et la justice. (Is 9, 6)

 

Nous sommes montés à Notre-Dame du Haut 

pour prier et fêter une vie qui prend sens 

quand dans nos cœurs naît le Christ sauveur .

 

Oui, un enfant nous est né, un Fils nous a été donné. (Is 9, 5)

 

sr Maggy 25 décembre 2019


 

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   Eucharistie du 1er novembre 2018 à Notre-Dame du Haut

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Méditation pour la fête de la Toussaint

 

 

Recevons du Seigneur l’appel à la sainteté dans le monde actuel : 

 

Donne-nous Seigneur

la grâce de nous appuyer 

toujours sur ton amour,

pour supporter les contradictions

et demeurer humbles, patients et doux

avec tous nos frères et sœurs. 

 

Donne-nous Seigneur ta joie, pour accueillir le bonheur

et nous réjouir de celui des autres,

pour devenir positifs, reconnaissants et pas trop compliqués.

 

Donne-nous Seigneur l’audace et l’assurance nécessaires

pour affronter l’accoutumance et ouvrir nos cœurs :

que nous soyons émus par ce qui se passe autour de nous,

par la Parole vivante, surprenante et efficace du Ressuscité.

 

Donne à nos communautés de vie 

de devenir les lieux de la présence du Ressuscité qui les sanctifie :

apprends-nous à préserver les petits détails de l’amour

à nous protéger et nous honorer les uns les autres.

d’après l’exhortation apostolique du pape François 

sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel

 

 

 

 

Saint François d’Assise explique à ses frères comment « résider en Dieu »

Ce mode de vie fait de nous des « saints » :

 

Où est charité et sagesse, là ni crainte ni ignorance.

Où est patience et humilité, là ni colère ni trouble.

Où est pauvreté avec allégresse, là ni cupidité ni avarice.

Où est quiétude et méditation, là ni souci ni errance.

Où est la crainte du Seigneur pour garder son foyer, 

là l’ennemi ne peut trouver place pour entrer.

Où est miséricorde et discernement,

là ni récrimination ni endurcissement.

1er novembre 2018


 

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Méditer avec sainte Claire 

 

 

Observer l’éclipse de lune, contempler le Fils de Dieu

et apprendre de Claire que 

la beauté du Fils de Dieu est en nous.

 

 

 

 

 

 

 

 

d’une lettre de Claire à Agnès de Prague :

 

Place ton esprit devant le miroir d’éternité, 

place ton âme devant la splendeur de la gloire,   

place ton coeur devant l’effigie de la divine substance, 

et par la contemplation transforme-toi en l’image même de la divinité.

 

Tu  ressentiras toi aussi ce que ressentent les amis 

qui goûtent la douceur cachée que Dieu lui-même a, depuis le début, 

réservée à ceux qui l’aiment. 

Aime totalement celui qui, par amour de toi, s’est donné tout entier, 

lui dont le soleil et la lune admirent la beauté.

Je parle du Fils du Très Haut, que la Vierge a mis au monde.

 

Dès maintenant, il est clair que, par la grâce de Dieu, 

la plus digne des créatures, l’âme de l’homme qui croit, 

est plus grande que le ciel. 

En effet,  les cieux et toutes les autres créatures  ne peuvent contenir le Créateur,  

seule l’âme qui croit est sa demeure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Au-delà du soleil, ancrés dans ta lumière,

nous voici devant Toi, ô Christ, offerts au Père,

intime conversion qui relie Terre et Ciel.

 

Au-delà de la mort, pour toute créature,

avec Toi monte à Dieu l’hymne de l’Univers,

le chant d’adoration qui relie Terre et Ciel. »  Sr Marie-Claire

 

 

 

 

27 juillet 2018


 

 

 
Dernière modification : 14/03/2020