MONASTÈRE SAINTE-CLAIRE

Les Clarisses à Ronchamp

 
 
 
 
 
 
 

Tout a commencé en 1250...

 

Le premier monastère à Besançon,

établi du vivant de sainte Claire, au XIII siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Remparts de Besançon

 

 

 

 

 

 

 

1. Monastère de Besançon, rue du chapitre

2. Soeur Marie-Noël : célébration de l'envoi à Ronchamp

3. 1932: groupe des fondatrices pour la Birmanie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Travail des constitutions:  Rome 1968

2.et 3. Accueil d'étudiantes du CELA 1973

3. Clarisses d'Aluva, Inde, août 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 octobre 2011: bénédiction de la cloche et de l'oratoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1,2 et 3: accueil de pèlerins au monastère

4. Messe à la chapelle le 8 septembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

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24 juillet 2016 : la communauté rassemblée 

 

 

 

 

Nos racines sont franc-comtoises depuis 8 siècles. De 1250 à 2009, les clarisses vivent à Besançon et en septembre 2009 se transfèrent à Ronchamp. L’histoire de nos devancières permet d’accueillir le présent comme le don d’une filiation qui ouvre à un avenir à inventer.

 

Le premier monastère à Besançon, établi du  vivant de sainte Claire au XIIIe siècle

Les frères mineurs arrivent en 1224 dans la ville fortifiée de Besançon (Franche-Comté) à l’Est de la France.

Vers 1250, un groupe de soeurs est envoyé par Claire d’Assise (Italie) en cette ville. Un monastère leur est construit et la communauté con-naît un grand essor.

 

Les bisontins témoignent d’une grande sympathie envers les sœurs. Mais les aumônes se faisant trop nombreuses, les clarisses s’écartent peu à peu de la pauvreté évangélique et les vocations diminuent.

 

En 1410, il ne reste que deux soeurs âgées lorsque Colette de Corbie (Picardie), arrive à Besançon avec quelques jeunes sœurs, dans la

liesse populaire. Elle a reçu du pape Benoit XIII alors à Nice,

la mission de ré­former la famille de sainte Claire et de saint François.

Avec sa foi audacieuse, Colette redonne vie à la communauté bisontine.

 

A partir du monastère de Besançon, elle rayonne sur la France, les Flandres et le Palatinat, en fondant ou réformant jusqu’à sa mort (1447) 17 monastères, foyers de contemplation et de pauvreté ardente.

 

“Retrouver la pureté des origines en adaptant notre forme de vie aux conditions du temps,” telle a été son intuition première et durable, qu’elle met par écrit dans ses « Constitutions » approuvées en 1434 par le ministre général des frères mineurs (ordre des franciscains, fondé par saint François d’Assise) Guillaume de Casal.

 

Dispersée à la Révolution, la communauté se reconstitue à la fin du XIXe siècle

A la révolution française, les sœurs bisontines sont chassées hors de leur monastère: "Delors, soeurs pauvres et folles! Allez loger où vous voudrez et puis enfin disparaissez!" Ce qui est dit est fait !

Après sa dispersion en 1792, la communauté s’éteint peu à peu.

Mais était-ce vraiment définitif ?

 

En 1879, une poignée de sœurs clarisses quitte son monastère de Poligny (fondé par sainte Colette en 1415 dans le Jura voisin) pour habiter une maison offerte à l’archevêché. Ces soeurs donnent vie à un nouveau monastère situé au pied de la citadelle, rue du Chapitre. Elles demeurent ainsi au cœur de la vieille ville, tout près de la cathédrale, en ce quartier aux rues étroites, où tant de couvents foisonnent!

 

Au XXe siècle, un monastère tourné vers le monde

En 1932, la communauté participe à l’élan missionnaire qui anime alors l’Église d’Occident. Les sœurs sont devenues très nombreuses et un groupe part fonder la vie de clarisse en Birmanie, puis en Inde (1942) et en Tanzanie (1954).

 

Depuis lors, neuf monastères de ces pays ont successi­vement vu le jour et gardent aujourd’hui un lien fraternel avec la communauté de Ronchamp. Nos sœurs ont semé des lieux de vie clarienne à Aluva, Panakahalli, Dumka, Chotparua, Shamshabad, en Inde et à Mwanza, Itahwa, Ruhuwiko en Tanzanie.

 

En 1968 , la communauté de Besançon participe activement au re-nouveau de la vie religieuse voulu par le concile Vatican II. Un retour aux sources de notre charisme et à la règle de Claire aboutit à de

nouvelles constitutions, « les constitutions générales de l’ordre des sœurs pauvres de sainte Claire. »

 

En 1973, la communauté ouvre une partie des locaux du monastère à l’accueil de jeunes femmes étrangères, étudiantes au Centre de

Linguistique Appliquée, pour des séjours linguistiques plus ou moins longs. Grâce à ces jeunes, tous les continents ne sont plus tout à fait inconnus pour les clarisses dont l’horizon s’élargit à la rencontre d'autres cultures.

 

La recherche d’un nouveau souffle au tournant du millénaire

Depuis quelques décennies, les clarisses de Besançon s’interrogent sur le devenir de leur communauté. Elle peine à se renouveler et la situation géographique du monastère pose de plus en plus question: la rue du Chapitre devient difficile d’accès et les liturgies sont de moins en moins fréquentées. Allons-nous vers l’asphyxie ? Une si longue histoire pourrait-elle aboutir à une impasse ?

 

Notre questionement rejoint celui d’autres communautés de clarisses en France. En 2001 et 2003, au cours de plusieurs assemblées de clarisses de notre confédération franco-belge, le père Lécrivain, jésuite, historien et théologien de la vie religieuse, nous fait prendre conscience que nous vivons une nouvelle étape historique. Cette étape est cruciale pour l’avenir de la vie monastique d’un ordre ancien comme celui des clarisses. Une nouvelle soif spirituelle se fait jour dans nos sociétés. Elle appelle une refondation de nos vies personnelles et communautaires. Il s’agit de nous remettre en chemin, pauvres et confiantes comme Claire et Colette, d’aller de l’avant dans le souffle de l’Esprit afin d’aider Dieu à naître au monde d’aujourd’hui.

 

Partir, reprendre le bâton de pèlerin, croire en l’avenir

En 2005, la recherche de la communauté s’ouvre sur un projet concret et peut-être un peu fou qui rejoint un appel du diocèse : aller à Ronchamp, à une heure trente de Besançon, en Haute-Saône, près de la chapelle Notre-Dame du Haut pour y assurer une présence permanente de prière, de vie fraternelle, de travail et d’accueil spirituel. Dans le même temps, les frères franciscains de la Province des Trois Compagnons prévoient une petite implantation, à l’ancienne cure située au bas de la colline. En mars 2005, frères et sœurs reçoivent de l’archevêque de Besançon, Monseigneur Lacrampe leur lettre de mission.

 

Notre-Dame du Haut, lieu de pèlerinage marial, est enraciné depuis 800 ans sur une colline d’où se découvre un panorama splendide, à 17 kms de Belfort, proche de la Suisse et de l’Allemagne..Ce lieu ayant été le théâtre d’affrontements sanglants et de destructions à la fin de la guerre (1944) une nouvelle chapelle y a été bâtie, à la demande du diocèse, par l’archi­tecte d’origine suisse Le Corbusier. C’est un bijou de l’art sacré contemporain. La chapelle Notre-Dame du Haut a été voulue comme "un lieu de silence, de prière, de paix et de joie

in­térieure”... de réconciliation aussi.

Depuis son inauguration en 1955, il y passe par an environ 100 000 visiteurs ou pèlerins, venus du monde entier, et fortement impressionnés par ce lieu d’intériorité et de beauté cosmique.

 

Un nouveau monastère construit sur la Colline Notre-Dame du Haut

Dès 2006, en partenariat avec l’association “Œuvre de Notre-Dame du Haut” propriétaire du site et l’association “Les Amis de Sainte-Colette” qui représente la communauté des clarisses, décision est prise de confier le projet du nouveau monastère à un architecte de

renommée mondiale. Ce grand nom de l’architecture, ce sera Renzo Piano associé à un paysagiste réputé, Michel Corajoud.

Les préparations ont été lentes, complexes, minutieuses, soumises à de multiples obstacles et autorisations. En novembre 2008, les

terrassements commencent enfin. En 2009, les fondations se creusent et au printemps 2010, les murs commencent à s’élever. Le 7 septembre 2011, le chantier s’achève pour l’inauguration du lendemain.

 

Elle est partie, la grande grue

Qui fut notre compagne de vie

Durant dix-huit mois !

Elle était arrivée laborieusement

Sur le chantier

En plein hiver, le 22 janvier.

Le camion qui la portait

avait du mal à tourner sur le parking,

et les hommes étaient soucieux

d’avoir à l’élever.

Mais tout s’est bien passé :

Nous l’avons vue se déployer,

Et que fallait-il admirer ?

L’adresse des ouvriers ?

La perfection de la technique ?

Les deux sans doute,

Car pendant de longs mois

Ils ont fait bon ménage

Ils ont fait bon travail.

Tout s’est bien passé

Au cours de ces mois

Et le signe, un jour, est venu

Que son travail était achevé.

La grue a replié ses ailes,

S’est couchée sur au sol,

S’est laissée emporter.

 

Adieu notre grue !

Et merci pour tout

Ce que tu nous as appris.

                                                                      sœur M-C

 

 

 

Le 8 septembre, fête de la nativité de Marie, au cours du pèlerinage diocésain, Mgr Lacrampe bénit le nouveau monastère.

Le 2 octobre 2011, le nonce apostolique, Mgr Luigi Ventura, bénit le nouvel oratoire et sa cloche qui sonne désormais allègrement.

Mr Renzo Piano, quant à lui, donne à l’abbesse soeur Brigitte, la clef du monastère et précise :

« On a ouvert la colline, on a mis les sœurs dedans et maintenant la nature, le silence et la prière reprennent leurs droits. »

Ce monastère est un ouvrage sobre, lumineux et discret. Renzo piano a conçu un monastère horizontal, écologique, creusé au flanc de la colline, enchâssé dans la verdure, pleinement respectueux du paysage.

 

Un cadre original pour une mission renouvelée

Pour notre communauté, ce transfert à Ronchamp fut une aventure tout à la fois éprouvante et dynamisante. Après la vente du monastère de Besançon , nous quittions la capitale franc-comtoise le 8 octobre 2009 non sans un certain déchirement.

Pendant 23 mois, nous allions vivre provisoirement tout près de la chapelle dans 2 petites maisons construites par Le Corbusier pour le chapelain et des pèlerins de passage.

 

« Là, nous avons vraiment appris la minorité, la vie fraternelle intense vu l’exiguïté des lieux. Nous avons vécu chaque jour, la foi en acte dans la précarité, mais aussi l’action de grâce “à la franciscaine” pour la beauté du paysage, la beauté de la chapelle. Liberté intérieure, simplicité des relations qui se sont nouées, au hasard des rencontres ou dans le cadre de la liturgie…»

 

D’étape en étape, suivant de près l’évolution du chantier, notre communauté a pu partager la passion de tous ceux qui s’y

investissaient, dans le souci permanent d’un travail de qualité, d’une recherche écologique sérieuse, d’une simplicité correspondant à notre style de vie “clarisse"

Album : histoire de notre commuanuté (10 photos)
rencontre à Paris avec Renzo Piano et Paul Vincent

rencontre à Paris avec Renzo Piano et Paul Vincent

la communauté visite le chantier

la communauté visite le chantier

Besançon: les paquets en partance pour Ronchamp

Besançon: les paquets en partance pour Ronchamp

Construction des chambres

Construction des chambres

Installation du mobilier de l'oratoire

Installation du mobilier de l'oratoire

Regards sur le monastère prêt à être habité

Regards sur le monastère prêt à être habité

Dessin de Renzo Piano

Dessin de Renzo Piano

Rencontre entre les architectes et la communauté à l'abri du pèlerin

Rencontre entre les architectes et la communauté à l'abri du pèlerin

le premier hôte du monastère

le premier hôte du monastère

Regards sur le chantier

Regards sur le chantier

 

En septembre 2011, nous intégrons avec bonheur notre nouvelle demeure. Nous en apprécions la belle sobriété, la chaude luminosité dont nous découvrons les variations au fil des saisons.

Ces nouveaux espaces engendrent un vivre ensemble où notre foi s’épanouit.

 

Nous croyons

Que la création tout entière

Aspire à la louange

Des fils et filles de Dieu.

 

Nous croyons

Que l’humanité des cinq continents

Désire des signes de fraternité.

Nous croyons que le désert fleurira

qu’une modeste lumière

percera les brumes hivernales.

 

Nous croyons

Que François, Claire, Colette,

Trouveront leur demeure

Sur la colline de Ronchamp.

Nous croyons

Qu’au-delà de nos petitesses,

De nos multiples pauvretés,

Passe encore le Souffle d’en-haut.

 

Nous croyons,

sans savoir ni comprendre

La page qui s’écrit

De notre histoire sainte.

 

Nous croyons

que l’utopie est créatrice,

que le rêve engendre la réalité.

Nous croyons

Qu’en tes mains, Jésus,

Cinq pains d’orge et deux poissons

Nourrissent des milliers.

 

Nous croyons

En cette dialectique éprouvante :

Attachement, détachement

Qui nous rend souples à ton dessein.

Nous croyons,

Quand on a touché le fond,

Que ton silence engendre la paix profonde.

 

Nous croyons en l’homme,

Nous croyons en Toi,

Dieu qui es

Qui étais et qui viens !

soeur M-C

 

 

Rencontres de pèlerins du monde entier

La mission des clarisses sur la colline Notre-Dame du Haut appelle la création progressive d’une communauté internationale. Une soeur belge s’est jointe aux sœurs françaises en 2012, une soeur d'origine hongroise est arrivée en mai 2014. Cette même année, le 4 octobre, une jeune femme de Haute Savoie nous a rejointes, désireuse de devenir clarisse à Ronchamp.  En janvier 2016, une clarisse anglaise se joint à nous. La communauté de onze est prête à s’élargir davantage encore.

Assumer une liturgie qui parle et chante en plusieurs langues, témoigner qu’une vie fraternelle est possible dans la communion de cultures diverses, accueillir pour des entretiens ou de séjours de ressourcement des hôtes très divers, voilà la mission.

Déjà le miracle de la rencontre se produit : hommes, femmes, enfants et soeurs, dans un joyeux silence, se côtoient et se reconnaissent frères et soeurs dans un même pèlerinage.

Nous croyons en l’avenir de l’Église, là où sa présence est attendue, parfois plus que nous ne le pensons, ou comme redécouverte. C’est l’espérance pascale qui nous habite, et nous savons que cette espérance est invincible, génératrice de communion.

 

“Écouter, comprendre et se faire porteurs de cette société et de cette histoire qui évoluent à si grande vitesse, et discerner avec intelligence spirituelle tout ce qui, justement dans la fidélité à l’Esprit, doit se repenser, constituent pour nous un défi que nous ne pouvons ignorer. Il y va du sens même de notre existence de frères mineurs et de sœurs pauvres… Immerger les racines en profondeur, afin qu’elles soient fermement unies à notre sœur mère terre et au Dieu tout-puissant, éternel, juste et miséricordieux, et nous permettent de traverser l’expérience humaine avec douceur, patience et espérance.”

Frère Michaël Anthony Perry, ministre général OFM

– 15 juillet 2013

 

Tel est le défi que nous essayons de relever, jour après jour, dans le souffle de l’Esprit, enracinées et disponibles aux surprises de Dieu pour inventer avec lui l’avenir.

 

 

Nous irons Pas à pas

Vers notre avenir

Sur un chemin de crête

Côtoyant les abîmes,

En cordée d’ascension,

Appelant des sœurs, des frères

Au pied montagnard,

Appelant

Des chercheurs de Dieu

Prêts à tout miser

Sur LUI.

Pauvreté extrême,

Confiance inébranlable !

 

Notre histoire s’inscrit,

Nouveau maillon,

Dans la grande Tradition

Toujours en gestation.

                                                             sœur M-C

   

 

 
Dernière modification : 25/01/2017