MONASTÈRE SAINTE-CLAIRE

Les Clarisses à Ronchamp

 
 
 
 
 
 
 

Une lampe sur mes pas, ta Parole...

St Luc

 Évangéliste saint Luc,

bréviaire de sainte Colette

 XIVème siècle

 

 

 

Claire avait plaisir à entendre la Parole de Dieu

sachant que sous l'écorce des mots

se cache une amande à savourer.

Elle avait l'art de tirer du sermon de n'importe quel prédicateur ce qui pouvait profiter à son âme,

sachant cueillir une fleur sur un buisson d'épines 

comme atteindre aux fruits d'un arbre bien cultivé.

 

d'après la vie de Sainte Claire d'Assise par Thomas de Celano n° 37


 

 

 

 

  

Mercredi 19 décembre 2018

Parabole anticléricale 

Lc 1, 5-25

 

    Le vieux prêtre Zacharie a de quoi être fier ! Il a fait carrière. Le voilà promu à une des plus haute fonction dans le Temple de Jérusalem. Une dignité semblable à un cardinal de la Curie au Vatican ! Et pourtant, cette réussite qui lui confère un pouvoir et une reconnaissance, est accompagnée d'un drame : sa vie est stérile !...

    Heureusement, pour Dieu, qu'importe l'âge ou la condition sociale, il y a toujours un avenir possible ! Il lui envoie un ange pour lui annoncer une heureuse nouvelle : il va être père ! 

    Zacharie résiste : « trop vieux ! La nouveauté, à mon âge ?!... » 

    Mais Dieu désire vraiment que ce prêtre soit un vivant qui transmette la vie !... 

    Zacharie se retrouve sans voix ! Ça alors , !... Un prêtre qui ne peut plus parler !!... Que va t-il devenir ? Que va devenir l'Église ?... Épreuve sans doute nécessaire pour découvrir l'identité profonde du prêtre et nous libérer du cléricalisme. Ce silence du prêtre va durer le temps de la maturation de la vie, la sienne, et celle qu'il est appelé à donner. A noter que cette transmission, il ne la fait pas seul. Il ne peut la faire qu'avec le concours de la femme. 

    Voici donc une belle parabole à méditer pour nous aider à sortir de ce fameux cléricalisme que dénonce le Pape François. 

 


Mardi 18 décembre 2018

La méthode de Joseph 

Mt 1, 18-24

    

    Saint Joseph est dans la panade !... L'élue de son cœur est enceinte ! Outre le tsunami qui le secoue intérieurement, cette situation va provoquer un scandale qui le dépasse ! 

    Il doit prendre une décision ! Et vite ! Et il est seul face à sa conscience !...

    Comment s'y prend-il ?...

1    Il ne se laisse pas manipuler par la pression médiatique, ni par ses émotions.

2    Il ne comprend rien, mais il garde sa confiance envers celle qu'il aime. Son amour est plus fort que la panique !
3    Il élabore une décision en conformité avec la Loi, tout en gardant une liberté afin de respecter toutes les personnes, y compris celle qui semble avoir fauté.
4    Il remet sa décision au lendemain, s'en remettant à cette sagesse populaire irremplaçable : « La nuit porte conseil »
5    Il lâche ses soucis et... s'endort ! 
6    Il n'est pas attaché à ses idées. Il est réceptif et se laisse surprendre par une autre issue possible. 
7    Il prend Marie chez lui et veille sur elle et sur l'enfant. 

DIEU EST AVEC NOUS !

 


 

Lundi 17 décembre 2018

« Allô ! T'es-où ?! »

Mt 1, 1-17

 

    L'Évangile de ce jour retrace la longue généalogie de Jésus. Cela dit bien l'importance d'avoir des racines et de les connaître. Les personnes nées sous X ou d'une PMA témoignent à quel point il est parfois difficile de se construire sans cet ancrage.

    Ce qui est frappant, c'est que, dans l'histoire de Jésus, les ombres ne sont ni cachées, ni justifiées. Elles sont évoquées. Point. Sans jugement de valeur. Sans culpabilité, ni encensement.

    Nous pourrions prier Jésus, par l'intercession de tous ses ancêtres, pour avoir, nous-mêmes, ce regard apaisé. Que ce soit pour notre histoire personnelle, familiale, ou pour l'histoire de notre peuple, de notre Église.

    La vie a su se faufiler à travers toutes ces méandres. Il y a de quoi nous émerveiller ! Nous pouvons nous y appuyer pour avancer avec confiance et espérance !...

 


Dimanche 16 décembre 2018

Partage, Justice, Bienveillance

Lc. 3, 10-18

 

Beau dialogue entre ceux qui viennent pour être baptisés et Jean.

Belle charte de vie qu'il leur propose!

La feuille de route du baptisée est rédigée.

Elle est encore valable pour nous aujourd'hui:

Partage, justice, bienveillance.

Trois mots qui résument ce que Jean conseille à ces disciples.

Trois mots que nous pouvons inscrire dans nos agendas spirituels.

Trois mots qui nous introduisent à la suite, à l'annonce de qui est celui qui doit venir : quelqu'un de plus grand que Jean qui aura le discernement pour reconnaître le bien du mal, non pas pour punir, mais parce que ce tri permettra de sauver tout le monde en fermant la porte du Royaume au mal.

 


Samedi 15 décembre 2018

Quel Fils de l'homme ?

Mt. 17, 10-13

 

A nouveau, Jésus nous invite à ne pas nous tromper.

Elie doit revenir, mais il est déjà revenu, alors ne l'attendons plus.

Attendons le Fils de l'homme.

Mais une fois de plus, quelle connaissance avons-nous du Fils de l'homme ?

Acceptons-nous que le Fils de l'Homme soit aussi Fils de Dieu ?

C'est facile, selon notre foi, nous allons répondre oui.

Mais est-ce que nous faisons passer notre foi, cette foi, dans notre propre vie.

Croyons-nous vraiment que la croix du Christ est le lieu de sa gloire en tant que Fils de Dieu?

Sommes-nous prêts à annoncer au monde que l'enfant de la crèche est celui qui s'incarne pour que l'homme soit Dieu et que, pour cela, il doit passer par la croix et la mort afin de ressusciter et de nous entraîner avec lui dans sa résurrection?

 


Vendredi 14 décembre 2018

Un messie joueur de flûte

Mt 11, 16-19

 

Jésus nous invite à nous laisser interpeller par les petits, les tout petits, ceux qui d'habitude n'ont pas de voix.

Et que nous-disent-ils ?

"Vous ne savez pas reconnaître le vrai du faux, le mauvais du bon, l'envoyé et le vrai Messie".

Et nous, aujourd'hui, quel Messie attendons-nous ? Le petit enfant rose joufflu qui va naître dans la crèche, bien au chaud sous le souffle de l'âne et du boeuf ?

Un Messie conquérant qui va nous délivrer de toutes nos faiblesses ?

Ou celui qui vient vivre avec nous, dans nos joies et nos peurs, nos faiblesses et nos forces, celui qui va jouer de la flûte avec nous et celui qui va mourir de peur dans les hôpitaux ?

 


Jeudi 13 décembre 2018

Grand ou Petit ?

Mt 11,11-15

 

Jésus aime manier les paradoxes.

Aujourd'hui on ne sait plus qui est grand et qui est petit.

Mais est-ce à nous de nous poser la question ?

D'ailleurs Jésus ne nous l'a pose pas. Il se contente de nous mettre sur le chemin de Dieu : pour entrer en relation avec le Père, pas d'autre moyen que de choisir la voie de l'humilité.

Mais attention, en finale, l'humilité n'est pas forcément ce que l'on croit. Le plus grand des hommes est le plus petit dans le Royaume. Et cette place dans le Royaume, ce n'est pas nous qui nous la donnons, malgré "notre très grande humilité" !

L'humilité : avoir les oreilles pour entendre la voix de Dieu.

 


 

Mercredi 12 décembre 2018

Doux fardeau et humble joug

Mt 11, 28-30

 

Ne nous y trompons pas ! Le Seigneur Jésus n'est pas en train de décharger nos épaules de tous les poids matériels que nous ambitionnons ou pas de porter.

Dans cet évangile, alors que nous allons célébrer dans quelques jours l'anniversaire de sa naissance, Jésus nous prépare déjà à la croix et au mystère pascal.

En effet, le fardeau qu'il nous propose est un fardeau d'amour et donc léger et doux à porter. Par contre, en échange si j'ose dire, lui va prendre sur ses épaules tout notre poids de haine, de frustrations, de misères morales ou spirituelles et c'est sur la croix qu'il va tout pardonner pour nous présenter et nous remettre à son Père, comme lui même l'a été le jour de la présentation au temple.

 


Mardi 11 décembre 2018

1 ou 99 ?

Mt. 18, 12-14

 

En ce temps d'attente de l'incarnation du Fils de Dieu, cet évangile nous exprime de façon très explicite le pourquoi de cette incarnation.

C'est tout simple : Dieu ne veut pas "qu'un seul de ces petits soit perdu".

Il faudrait tout de même ajouter que la recherche de cette brebis perdue ne se fait pas au détriment des 99 autres. Il les laisse sous la vigilance du chien de berger. Et aussi parce qu'il sait, par expérience, que si elles sont encore toutes ensemble, c'est qu'elles n'ont pas envie de se disperser, non pas dans un esprit grégaire mais dans un esprit de communion.

Alors, le berger peut partir en toute tranquillité à la recherche de la brebis égarée. Et il ne sera heureux que lorsqu'il l'aura retrouvée. Ainsi fait-il de même avec chacun de nous : il ne renoncera pas à nous chercher tant qu'il ne nous aura pas trouvé. Alors, ne nous perdons pas exprès mais, si cela nous arrive, ne désespérons pas, nous savons que le Seigneur viendra nous chercher là où nous sommes, là où nous en sommes.

 


Lundi 10 décembre 2018

Visages de foi

Lc 5, 17-26

 

L'épisode du paralysé descendu par le toit par ses amis qui n'hésitent pas à le démonter pour le placer en face de Jésus nous est bien connu.

Il faut une sacrée dose de foi pour ces porteurs d'oser démonter un toit, avoir fait des kilomètres auparavant portant un malade, tout ceci pour demander à Jésus de le guérir.

Il faut une sacrée dose de foi pour le paralysé de se laisser balloter par ses amis qui, sans doute, ne marchent pas au même pas. Il le fait l'espérance au ventre d'être guéri.

Il faut une sacrée dose de foi à Jésus pour se révéler tel qu'il est, non pas d'abord guérisseur, mais Fils de Dieu, présent sur terre pour pardonner nos péchés.

Et à nous aussi il faut une sacrée dose de foi pour croire en celui que nous n'avons jamais vu.

Mais n'oublions pas que cette foi nous a été transmise par la foi des apôtres et des disciples au fil des années et des siècles pour nous permettre de croire aujourd'hui sans voir.

 


Dimanche 9 décembre 2018

La voix du désert

Lc. 3 1-6

 

Deuxième dimanche d'Avent, un nouveau jour d'espérance pour le peuple hébreux. Mais aussi, et surtout, pour nous aujourd'hui car la parole du Seigneur est toujours d'actualité et nous dit quelque chose de la part de Dieu aujourd'hui.  Il ne s'agit pas d'antiquité ou d'archéologie.

C'est un appel de la part de tous les Jean-Baptiste d'aujourd'hui  à nous préparer au passage du Seigneur. Ravins comblés, collines rabaissées, chemins redressés, etc. Tout ceci est bien symbolique mais que pouvons-nous faire aujourd'hui ?

Le Seigneur Jésus ne viendra pas faire les choses à notre place. Il a trop de respect et d'amour pour nous. C'est à nous de retrousser nos manches pour que la solidarité augmente tout en faisant disparaître les disparités, pour que chacun trouve sa place, sa propre place dans la société. La justice fera le lit de la paix et sur cette nouvelle route nous pourrons acclamer ensemble celui qui vient pour nous sauver, c'est-à-dire, nous diviniser un peu plus tous les jours.

 


 

 

Samedi 8 décembre 2018

L'immaculée Conception

Lc. 1, 26-38

 

Aujourd'hui, jour de joie dans l'Eglise catholique. Nous fêtons la naissance immaculée de Marie.

Fête qui nous fait entrer de plein pied dans le mystère de l'Incarnation. L'Eglise a retenu pour évangile, celui de l'Annonciation. Et nous voyons Marie, la toute jeune Marie, dire oui à l'ange Gabriel, un oui qu'elle ne reprendra jamais malgré toutes les souffrances qui lui seront apportées comme chemin avec son Fils, le Fils de Dieu fait homme.

Aujourd'hui aussi l'Eglise est en fête pour la béatification des 19 martyrs de l'Eglise d'Algérie. Ce sont dix neuf qui sont honorés, mais beaucoup d'autres ont participé à la lutte contre la violence et le radicalisme. Beaucoup d'autres, pas d'abord des chrétiens, mais des musulmans, des imams qui ont prôné la non violence. Ne les oublions pas dans nos réjouissances et dans notre prière.

Confions-les tous à Marie, mère de Dieu, mère de l'Eglise, mère du Christ et notre mère.

 


Vendredi 7 décembre 2018

Deux hommes de foi

Mt 9, 27-31

 

Deux aveugles suivent Jésus jusque dans sa maison pour lui demander la guérison. Une seule question de la part de Jésus : "Croyez-vous que je peux faire cela?" Réponse : "Oui nous le croyons".

Dialogue de foi s'il en est par excellence. Sans doute cette foi est motivée par leur désir de voir clair. Ce n'est pas une foi au rabais, c'est simplement une foi qui a reconnu en Jésus l'homme qui aime et dont l'amour guérit.

Pour la cécité de nos coeurs, de nos intelligences, de nos esprits, avons-nous la simplicité de demander à Jésus, à l'enfant Emmanuel qui vient, de nous donner ou re-donner la vue de l'amour ?

 


Jeudi 6 décembre 2018

Porte d'entrée au ciel

Mt. 7, 21-27

 

Roc ou sable ?

Architectes et entrepreneurs choisiront le roc car plus solide, plus sûr. Evidemment c'est plus difficile et plus cher.

D'autres, moins bien intentionnés, choisiront le sable car plus souple, plus facile, plus beau, plus doux, moins cher.

Et la difficulté c'est que souvent nous nous plaçons du côté du sable, dans le registre du moindre effort.

Quelqu'un nous a précédés pour le passage de cette porte d'entrée, basse et étroite. Il est passé par le roc, unique porte du ciel. Nous avons quatre semaines d'Avent pour réfléchir au choix que nous posons pour construire nos amours, notre vie, notre famille, etc.

 


Mercredi 5 décembre 2018

Nourritures... Nourriture

Mat. 15, 29-37

 

La multiplication des pains pour nourrir une foule immense est bien connue. Mais pourquoi s'arrêter à ce miracle ?

Il me semble qu'il y a bien plus dans ce texte.

Il y a d'abord les guérisons nombreuses et variées des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, etc. Ce sont déjà des miracles de première importance.

Mais il y a encore plus.

D'abord le fait que beaucoup suive Jésus, alors qu'ils n'ont pas encore été nourris. Ils ont reconnu quelqu'un et ils y ont cru.

Puis, ils rendent gloire au Dieu d'Israël, alors qu'ils ont encore le ventre vide. Le miracle est là : cette reconnaissance du Dieu d'Israël qui se révèle à eux par un homme, Jésus. Un homme qui dit Dieu autrement que par des paroles, mais par des gestes de compassion, d'amour, de communion ; par ses guérisons, par sa compassion, il nourrit les foules d'une manière nouvelle et les gens ne s'y trompent pas. La vérité de l'amour n'a pas de pareil pour faire se rencontrer, se parler, s'aimer les gens.

 


Mardi 4 décembre 2018

La bonté du Père

Luc 10, 21-24

 

Ce temps d'Avent est un temps d'attente, mais d'attente joyeuse. Jésus nous montre le chemin en exultant de joie. Pourquoi ?

Tout simplement parce que le Père se révèle, par bonté et en bonté, aux tout-petits. Rien ne peut arrêter le Père dans son amour gratuit.

On peut peut-être aussi lire que Jésus fait partie de ces tout-petits puisqu'il précise que tout lui a été confié et que le Père s'est révélé à lui parce qu'il est le Fils.

Et Jésus finit en beauté en appelant heureux ceux qui voient.

Voir Dieu, dans l'Ancienne Alliance conduisait à la mort (cf. Moïse). Aujourd'hui, voir le Fils, c'est voir le Père, c'est voir Dieu et cela est possible sans mourir car Dieu a renouvelé son Alliance en envoyant son Fils nous le révéler. Avec Jésus, nous pouvons rendre grâce pour tant de bonté.

 


Lundi 3 décembre 2018

Foi d'Orient et d'Occident

Matthieu 8, 5-11

 

Dans cette petite péricope, Jésus non seulement admire la foi de ce centurion, mais aussi par la même phrase rend grâce à son Père de tant de foi.

Il va même plus loin et ose avancer que cette foi de païen dépasse celle des juifs. Et il va encore plus loin, il met en scène déjà l'Orient et l'Occident, comme s'il nous mettait devant les yeux ce qu'il est venu et vient faire.

Une telle foi, nous la rencontrons aussi en Marie qui remet toute sa vie entre les mains de l'Ange.

Pour l'heure, profitons de ce temps de l'Avent pour remettre toute notre vie entre les mains du Seigneur et attendons dans la joie ce messie.

 


Dimanche 2 décembre 2018

 

Debout, tête haute et cœur léger

 

Lc 21, 25-28. 34-36

 

À l’heure où chacun cherche la vie sereine 

en pleine conscience,

l’entrée en Avent nous invite à l’éveil,

à redresser la tête,

à désencombrer nos cœurs alourdis de soucis, de peurs 

pour aller à la rencontre du Fils de l’homme.

Le Christ de notre foi ne cesse de venir parmi nous 

pour nous conduire au Père.

Chaque instant si nous prions sans cesse,

nous donne une grâce,

celle de vivre avec tous les habitants de la terre

dans une maison commune

dont il faut prendre soin.

Mais cette maison est aussi 

une Création en douleurs d’enfantements.

 

La vue de réfugiés en marche quoiqu’il advienne

vers une vie meilleure et ailleurs

ravive notre confiance en la dignité humaine et notre compassion.

Puisse notre espérance chrétienne en un monde meilleur 

devenir citoyenne, solidaire et éco-responsable.

Alors nous vivrons debout, tête haute et cœur léger

dans l'attente de la rencontre du Seigneur. 

 

 

 

 
 
Dernière modification : 18/12/2018